Les 5 et 6 juillet derniers se déroulaient les 24 Heures du Mans Classic. Véritable institution depuis 23 ans, cet événement rassemble les plus belles voitures de course. Des années 20 jusqu'aux années 2000, elles roulent sur le mythique tracé. Et cet événement était l’occasion, pour la première fois, d'accéder au grand circuit du Mans, non pas en tant que spectateur, mais en tant que photographe. Alors, retour dans le passé : on s’immerge dans les plus belles années du sport auto !
C’est ainsi que les 5 et 6 juillet dernier se déroulaient les 24H du Mans Classic. Véritable institution depuis 23 ans, cet événement rassemble les plus belles voitures de course allant des années 20 jusqu'aux années 2000. Et cet événement était l’occasion pour moi, pour la première fois, d'accéder au grand circuit du Mans non pas en tant que spectateur mais en tant que photographe. Alors retour dans le passé, on s’immerge dans les plus belles années du sport auto !
Il est vrai, j’aurais aimé au moins faire une première fois le Mans Classic en tant que spectateur, ne serait-ce que pour m’habituer aux lieux, à l’organisation ou encore aux voitures. Même si entre le Monte-Carlo historique et le Tour Auto en ce début 2025, les “classiques” je commence à les connaître. Mais je le concède, pour une première, se retrouver à quelques mètres de ces légendes du sport auto lancées à pleines allures, il y a pire pour découvrir cet événement de Peter Auto.
Début des hostilités
Même si le départ s’est fait la veille le mercredi soir autour d’une bière avec Joris (Joris Clerc) afin d’obtenir quelques informations au préalable, c'est jeudi que tout commence. Retrait des accréditations, du chasuble (graal de ce week-end) et retrouvaille de l’équipe News d’Anciennes, il n’y a plus qu’à faire le tour du village et découvrir ce que l’organisation nous a concocté cette année avant que les moteurs ne se mettent en piste.
Le charme du Mans Classic, c’est son accessibilité, en effet les plateaux étant composé de plus de 50 à 70 voitures chacuns (6 plateaux plus trois courses supports), il faut pouvoir stocker tout ce monde. Ainsi les paddocks sont disséminés un peu partout dans l’enceinte du circuit et son accessibles, permettant d’approcher au plus près les voitures. Ajoutez à cela les expositions constructeurs (Porsche, Ferrari, Mclaren, Alpine) et celles des clubs (FFVE, Dakar…), il y en a pour tous !
Toutefois le tour est assez rapide et il est temps de rentrer se reposer avant que les choses sérieuses ne commencent.
Vendredi c’est…piste
Et oui le moment tant attendu est lancé, réveil aux alentours de 7H direction le circuit à 9h les premières voitures s'élancent. Et quelles voitures puisque ce sont les mythiques Groupe C qui ouvrent le bal après que la parade des clubs soit passée sur la piste.
En attendant, direction le paddock du Groupe C pour rejoindre Joris et Armando qui eux, dorment sur place. Une fois le matériel choisi et le spot de la matinée sélectionné, nous partons à pied vers les “Esses Porsche”. Sur le chemin le trafic ferait tourner les têtes, Lotus Exige S, Lamborghini Aventador SVJ, Porsche 911 de toutes époques et j’en passe, si les embouteillages pouvaient à chaque fois avoir cette allure nous en redemandrions avec plaisir !
Une fois arrivé le plan est simple, on attend le début des qualifs et au fur et à mesure de la matinée on remonte la piste jusqu’au virage d’Indianapolis. Le temps d’élaborer tout cela et les premières voitures sont là. Et c’est au passage de la première Lola que je comprends que j’aurais dû les prendre ces bouchons d’oreilles (ce n’est que Dimanche que je penserais enfin à ceux-là)
L’audition adaptée (ou perdue allez savoir) il est temps de se mettre au travail et de capturer ces légendes, Porsche 962C, Peugeot 905 Evo1, Nissan R90, Rondeau M382… elles sont là évoluant à leur plein potentiels et si les 24h du Mans sont impressionnant voir ces voitures d’une autre époques prendre les virages à plus de 250 km/h à quelque chose de différent. De plus ce sont les Groupe C qui du week-end décrochent les meilleurs temps en piste, même les protos des années 2000 ne peuvent suivre ces chronos hallucinants.
Quelques clichés pris dans les virages on remonte la ligne droite entre les “Esses” et Arnage, le temps de réaliser difficilement la situation dans laquelle je suis. Il est 9h30, je suis derrière un rail de sécurité et à quelques mètres de moi des missiles déboulent à plus de 300 km/h, certaines expériences sont plutôt chouettes !
Les lumières du matin nous permettent de prendre des photos à l’ambiance plutôt sympathique, que ce soit avec les jeux de lumières ou avec les rails de sécurité. L’orage des Groupe C passe et le temps d’une pause c’est au tour de la Porsche Classic Race de prendre la piste.
Et même effet que pour le plateau précédent, il m’en manque de me décrocher la mâchoire tant le plateau est beau. Porsche 935 K3, 930 Turbo (une vraie !!), 911 RSR, 906 et là précédent l’armada de 911, elle apparaît, une Porsche 917k couleur “Gulf”. Si le Groupe C m’avait mis une claque et le début du plateau Porsche aussi, voir rouler pour la première fois cette légende du Mans, qui berce mes rêves depuis le visionnage du film “Le Mans”, c’est autre chose.
Pas le temps de rester statique, il faut immortaliser les voitures, d’autant plus que les lumières du matin commencent à s’estomper en laissant place à un soleil de plomb et aucun nuage aux alentours. Toujours dans les traces de Joris, nous remontons la piste en voyant passer, moteurs hurlant les 935 qui semblent les plus rapides. Et à notre grande surprise, si la P1 est décrochée par une de ces voitures, la P2 quant à elle est décrochée par la 917k !
Après le passage des Porsche, direction le virage d’Indianapolis et nous remontons d’une centaine de mètres jusqu’à tomber sur un spot sympa pointé par Joris et où les rayons de soleil traversent les arbres.
Le plateau qui arrive ? l’Endurance Racing Legend, alors oui le Mans Classic c’est surtout les voitures du 20ème siècle, mais s’il en était un que j’attendais c’était bien lui, car ayant tout de même regardé la liste des engagés deux modèles m’ont sauté aux yeux. La Pescarolo C60 et la Corvette C6.R. La raison ? Il y a à peu près 17 ans de cela, je découvrais à la télévision les 24h Du Mans et ce sont ces voitures dont je me souviens et qui sont à l’origine de tout ce qui fait que je me retrouve ici à ce moment (un retour en arrière pas si lointain).
Encore une fois, pas le temps de s'émerveiller trop longtemps (cela viendra plus tard), les protos Audi R8 et autres Zytek passent à toute allure tandis que les GT se battent entre elles. Marcos, Porsche, Aston-Martin passent à toute allure, chaque passage est une découverte de voiture ! Une Saleen S7 passe soudain au ralenti, “celle-ci ne fera pas long” me dis-je, jusqu’à ce que 3 minutes plus tard elle repasse lancée à toute allure. “Bon j’ai été mauvaise langue, au final elle a peut-être été fiabilisée”, mais je ne la revois passer finalement que 45 minutes plus tard…sur un camion-plateau. La fiabilité de la Saleen, ce n’est pas encore ça.
La suite de la qualif est plutôt calme, toujours impressionnant de voir ces bolides passer à quelques mètres et les sonorités se mélanger. Entre le V10 Judd, les flat 6, le V8 LS et autres moteurs, les oreilles ne savent plus quoi en penser. Une chose est sûr, c’est un bonheur !
Une fois les ERL passés, Joris lui descend du côté d’Arnage, je décide quant à moi de remonter vers les hunaudières. Et…ce n’était pas la meilleure idée du week-end, entre le soleil, les spots qui n’étaient tout simplement utilisable et au final la deuxième chicane des hunaudières impossible d’accès (après une rando à travers la forêt), la navette pour rentrer a été appréciée.
Entre temps les plateaux 4 et 5 étaient en piste et si le 4 lui était calme et laissait les GT40 se battre au milieu des Cobra, Jaguar et autres Alfa. Le P5 lui a été plus que mouvementé avec dès le début de session un drapeau rouge après qu’une des Ferrari soit venue s’écraser dans une voiture plus lente ne lui laissant aucune chance de repartir pour le week-end. Le plateau 5 reste parmis les plus impressionnant avec ses 917, Lola T70 et autres Chevrons B19 au son strident et aux performances hallucinantes.
La fin de matinée s’effectue sur les coups de 15h (oui c’est déjà l’après-midi et la journée n’est pas terminée). Retour par le même chemin que le matin, et arrivé aux “Esses” Porsche j’aperçois quelques M1 Procar du plateau 6 qui s'élancent, mais pas le temps de regarder il faut rentrer traiter des photos. On reprend des forces, petite pause et sur les coups de 17h retour en piste pour ce qui s’annonce être un moment inoubliable.
Une fois cela fait et Joris retrouvé, une organisation express est mise en place afin que l’on se rejoigne à sa voiture pour se diriger vers Arnage à nouveau mais cette fois-ci du côté extérieur. Arrivé sur place, direction les points de shoot avec un soleil commencent à tomber très vite. Quelques instant plus tard, les lumières apparaissent et rien à dire, le coucher de soleil du Mans c’est quelque chose. Les lumières dorées, les protos et autres GT passant moteur hurlant à quelques mètres de moi, la magie opère et les photos sont au rendez-vous !
Mais retour à la réalité, redescente vers les virages quand un collègue me lance “qui dit coucher de soleil au Mans dit drapeau rouge en piste”. Un dicton… 3 minutes plus tard les panneaux des commissaires s’allument, fin de session le drapeau rouge est de sortie. Bon, certains dictons ne sont pas que des légendes apparemment. On apprend assez vite que, les deux DBR9 se sont accrochées 500 mètres plus bas et sévèrement puis qu’une des deux termine sur le toit sans blessure pour les pilotes.
De notre côté nous profitons du drapeau rouge pour continuer notre descente vers Arnage et profiter du début du plateau 4 qui entre en piste. Les GT40 crachent des flammes tandis que les pilotes s’habituent à la pénombre ambiante. La nuit tombe, les voitures rentrent et de notre côté nous devions rentrer au niveau des paddocks pour faire des photos d’ambiance. Mais c’était sans compter sur l’aiguille qui tourne un peu trop vite. La décision est prise de faire le plateau 5 au même endroit et c’est ainsi l’occasion de voir à nouveau les Lola et Chevron batailler en piste mais cette fois ci dans le noir.
Au moment de partir nous profitons tout de même un peu du plateau 6, dernier de la journée et des M1 Procar et autres Porsche 935 crachant d'impressionnantes flammes que ce soit au moment de la décélération ou de la reprise des gazs. Un spectacle toujours aussi agréable et impressionnant à admirer.
Retour à la maison, 3h du matin le temps de se reposer et rendez-vous le lendemain au circuit à 8h30 pour le début de ce week-end qui s'annonce chargé.
Fin du premier chapitre
Ces deux premiers jours ont permis de s’habituer au circuit et à reconnaître certains endroits. Le week-end allait être chargé, avec une météo changeante, allant du plein soleil pour le samedi à une fine pluie le dimanche matin. Tout du moins, c’est ce qui était annoncé. Tout ne s’est pas déroulé comme prévu... C’est ce que nous verrons dans la seconde partie de cette aventure.